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Lass

LASS

date de sortie : 22/10/2021
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Sa voix profonde et puissante, son sens du verbe et de la formule (le titre Yaco Mome : « C’est pour toi ! » en wolof) ont déjà chatouillé nos oreilles cet été sur Radio Nova, France inter, ou Radio Cosmo en Allemagne : voici le premier EP de LASS.

Qu’il chante sur une guitare acoustique, des cordes élégantes ou des productions plus house ou afropop, ici signées Bruno Patchwork (Voilaaa) et Raphael D’Hervez (Pongo), le flow et l’élégance de Lass vous arrachent au quotidien avec le sourire.

Ce premier EP, plus qu’une carte de visite est une mappemonde miniature, un concentré d’histoires et de philosophie simple livré par une voix ahurissante.

Formé dans les sound-systems de Dakar, LASS a grandi en se frottant aux sonorités afro-cubaines de l’orchestra Baobab et du Bembeya Jazz, dans les soirées de rhumba congolaise organisées par ses frères, avant de choisir le reggae et des artistes comme le regretté Garnett Silk.

« Ma voix, c’est mon instrument, je l’emmène où je veux ! Je suis arrivé à un point où les styles ne comptent pas. Et puis j’aime les défis, comme de poser mon chant typé « africain » sur un beat house très européen »

Arrivé en France il y a 13 ans maintenant, LASS aurait pu abandonner son rêve de musique, se contenter d’un bon métier, d’une situation familiale stable. Mais il a tenu à ses rêves: « C’est difficile de garder cet optimisme, il a fallu se battre et travailler deux fois plus. Au Sénégal, on a l’habitude de dire que, dès que tu arrives en France, ta carrière est terminée. Il faut payer l’appart, avoir un boulot, beaucoup de frais à assumer… Il n’y a plus de place pour la musique, et les premières tentatives sont souvent des échecs ».

L’ancien agent de sécurité incendie met désormais le feu sur scène, et se souvient des leçons qui l’ont aidé à tenir. La chanson « Mo Yaro » parle de la fierté d’un père, « Tabé » de l’amour qui hante ses nuits. Plus grave « De Du Tago » (« la mort ne demande pas de permission ») évoque les nombreuses fois où la faucheuse lui a enlevé des proches. « J’ai perdu mon père très tôt, puis ma mère en 2000. Mais j’ai surtout vu beaucoup d’amis prendre des pirogues qui ne sont jamais arrivées. »

On est frappé surtout par la force de cette voix, puissante et souple à la fois. « L’afrojazz et les jamaïquains m’ont beaucoup influencé, j’ai usé des K7 à force de les écouter pour étudier leur souffle, tous les petits détails. Mais j’ai vite compris qu’il fallait que j’aie mon truc. Mélanger ces cultures pour ne ressembler à personne d’autre »

Reste enfin ce tube irrésistible, à deux visages : « Mo Yaro ». Très afro house dans la version composée par Synapson et réalisé par Raphaël D’Hervez (Pongo). Plus acoustique et intimiste dans une seconde lecture, qui figure en épilogue de l’EP.

En décembre prochain, LASS (Lassana) retournera au Sénégal où il n’a pas été depuis trois ans. « Pour rapporter l’EP à la famille ! Ils hallucinent de me voir commencer à tourner sur des gros festivals, comme le Montreux jazz cet été. Avec le recul, je réalise que les ennuis, c’est juste une barrière qu’il faut sauter ».

L’expression « Yaco Mome » (« C’est pour toi ») en wolof, qui accompagne généralement un cadeau lors d’un mariage ou quand on veut faire plaisir, prend ici un sens plus profond encore.

Tracklist

1. Yaco Mome
2. Tabé
3. Mo Yaro
4. De Du Tago
5. Mero Pertoulo
6. Mo Yaro - Acoustic Version

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